Le dimanche, c'est rugby! texte lerugbynistère du 2 Novembre 2016

8 novembre 2016 - 18:17

Ça y est, c’est dimanche. Pour certains c’est le jour du Seigneur, pour beaucoup le jour du repos. Mais pas pour toi. Parce que le dimanche, c’est rugby.

Tu arrives au stade avec trois heures d’avance, pourtant les bénévoles sont déjà sur tous les fronts. Des passionnés qui vivent le rugby par procuration, ou des anciens joueurs qui rendent à leur club ce que celui-ci leur a donné. Ceux-là même qui se cassent le cul dans leur guitoune en plein hiver pour 20 pauvres entrées au stade. Mais ils sont là, parce que dimanche, c’est rugby.

L’heure fatidique approche, tout le monde à table. Dans ton assiette, le mythique pâtes-poulet. Parfois, le menu change : c’est poulet-pâtes. On commence à parler du match, de l’adversaire. Comme chaque dimanche, c’est gros devant et c’est rapide derrière. Ils ont un 8 qui avance et un 10 avec un bon pied. Les piliers se resservent trois fois mais personne ne leur dit rien. Le bus adverse arrive. Le casque sur les oreilles et les jambes lourdes, les adversaires te dévisagent. Ils vont voir la pelouse, parce qu’on sait jamais, elle est peut-être différente ici.

Dans les vestiaires : du strap, du camphre, de la ventoline, des bruits de crampons et encore du strap. C’est un moment particulier, presque hors du temps. Tu t’apprêtes à partir à la guerre avec des mecs que tu n’aurais jamais côtoyé ailleurs. Des petits mots, des clins d’œil, puis des tapes dans l’épaule, des claques, des coups de casque. La chauffe est interminable. Le coach donne ses dernières consignes : pendant le premier quart d’heure, le 5 de devant ne touchera pas le ballon ; si on perd la première mêlée, on relève… Les épaules tournent, les phalanges craquent. Il y en a toujours un qui pleure, des fois il ne sait même pas pourquoi. Tout le monde attend que l’arbitre donne ce putain de coup de sifflet pour partir au combat.

Et quel combat. Pendant 80 minutes, c’est du 15 contre 15, avec un truc ovale au milieu. Ça se plaque, ça se percute, ça se chambre. Et puis PAF. « Ça tombe ». Un mot de travers, un placage un peu appuyé, un déblayage limite, et ça dégénère. Les plus sanguins sortent la moulinette. Moment de partage : on donne et on reçoit. L’arbitre envoie au frigo les malchanceux pris en flagrant délit. Et puis ça repart comme si de rien n’était, mais on a montré qu’on était chez nous.

Pendant ce temps, derrière la main courante, les vieux de la vieille, ceux qui jouaient avant même que tu ne saches dire « rugby », donnent des leçons d’arbitrage à l’arbitre, le cul vissé sur leur tribune. On rhabille les joueurs pour trois hivers entre deux bises. Les blessés se mordent les doigts en regardant les copains se blesser à leur tour. Ta mère, qui vient te voir jouer une fois tous les 3 ans, se couvre les yeux en se demandant pourquoi tu joues à ce sport de cons. On annonce le gagnant de la bourriche même si bizarrement tu connais personne qui ne l’ait jamais gagnée.

Sur le banc de touche, le soigneur donne un doliprane et un coup de froid à ton ailier qui s’est sûrement fait les croisés. Le coach s’arrache les cheveux pendant que le capitaine essaie d’expliquer à l’arbitre pourquoi ton deuxième ligne a mordu son vis-à-vis. Et puis arrivent les trois coups de sifflet. Une équipe exulte, l’autre reste à terre. La fête est finie. Ou du moins, elle se déplace.

Vient alors la fameuse troisième mi-temps. On refait le match en attendant les autres résultats de la poule. Les futs de bière tombent comme des mouches. Les oies sauvages passent par dessus l’étang. Joe Dassin siffle sur sa colline. La nuit tombe, l’alcool fait son effet, les langues se délient et les philosophes se multiplient autour du bar. Tu vas pisser 10 fois dans la soirée, et puis tu rentres à la maison avec la tête qui tourne et ce sentiment du devoir accompli. Le lundi matin, le mal au crâne et plein de courbatures, tu retournes au boulot pour la semaine en attendant qu’une seule chose, dimanche prochain. Parce que le dimanche, c’est rugby.

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